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Scarabée a écrit:Ca fait pas mal de topics où y a des gens qui les taillent, pourquoi ? Ca doit etre parce que Staline et Mao me choquent pas plus que Lénine et Trotsky, mais il me semble que y a des trucs plutôt intéressants.

Comment concilier antifascisme et Stalinisme ?

Scarabée a écrit:Comment concilier antifascisme et Stalinisme ?
Bah je sais pas, demande à Manouchian et aux FTP MOI ?
Ab irato a écrit::shock:Scarabée a écrit:Comment concilier antifascisme et Stalinisme ?
Bah je sais pas, demande à Manouchian et aux FTP MOI ?
Les FTP MOI ont été livré aux nazis par le PCF. Tu le savais pas ? Faut être un peu neuneu pour qualifier de Staliniens des types qui se battus et ont laissé leur vie pour la lutte antifasciste. Toi, t'as peut être jamais vu un vrai fachos de ta vie ! Donc un peu de modestie, ça t'évitera de raconter n'importe quoi.

Scarabée a écrit:Je les insulte pas, au contraire, je pose juste la question : si on pense que les stals c'est la même que les nazis
Les FTP MOI ont été livré aux nazis par le PCF.
groumf a écrit:Alors là, quand on avance des trucs pareils il faut sortir les dossiers et les preuves !
Une Affiche rouge du sang des autres
jeudi 22 avril 2004
En 1985, le poids du PC dans l’audiovisuel lui permettait de censurer le passage du film de Mosco, Des terroristes à la retraite, sur Antenne 2. Vingt ans après le parti n’est plus ce qu’il était... mais le refus de se remettre en cause et la falsification de l’histoire sont toujours des pratiques récurrentes...
Six pages de L’Humanité hebdo d’aujourd’hui pour rappeler la place primordiale de la main-d’œuvre immigrée dans la Résistance : Bravo !... Six pages qui « noient le poisson », six pages « d’à-peu-près » historiques, six pages qui se refusent à poser une bonne fois pour toute l’hypothèse de la trahison telle que le souligne Mélinée Manouchian dans ses mémoires... Et puis, pourquoi pas une volonté des dirigeants du PC à pousser à des actions armées mal calculées...
De tout cela, il ne sera pas question dans L’Humanité car comme le dit si simplement l’historien de service : « Il y a ensuite l’imprudence de jeunes gens qui déjeunaient tous les jours au même endroit »...
C’est de ta faute s’ils t’ont fusillé, Manouchian. T’avais qu’à être plus malin !... C’est écrit dans L’Huma !...
Revenons sur cet épisode de censure audiovisuelle sur lequel un certain Ravachol tenait à faire le point. C’était donc en juin 1985 dans les colonnes du Monde libertaire.
La falsification de l’histoire ne se produit pas toujours en trafiquant les faits mais, le plus souvent, en les occultant. L’annulation de la diffusion du film de Mosco, Des terroristes à la retraite, illustre bien ce phénomène. Il n’est pas facile de bousculer un mythe surtout quant il s’agit du Parti communiste français dans la Résistance. Or il faudrait pouvoir se plonger dans ces mythes pour y voir plus clair.
Il y a dans cet événement deux histoires : le poids du PC dans l’audiovisuel, capable de censurer un film, et le sujet de ce film : la MOI (Main-d’œuvre immigrée). Et, peut-être, s’il n’y avait pas eu l’existence de l’une, on ne parlerait pas de l’autre comme si une histoire en faisait vivre une autre...
La force d’attraction du PC dans le monde de l’après-guerre résulte de l’image du « parti des cent mille fusillés ». Comment ne pas s’identifier à un parti qui, dans l’histoire récente, a fourni tant de héros ; la peur du rouge faisant place à l’admiration. L’adhésion au parti apportait la gloire « des combattants de la liberté » sans avoir fourni pour autant une aide à ce combat.1 Résultat de ce grand mythe : c’est un parti de masse qui sortira de la guerre et propulsera Maurice Thorez, le 21 novembre 1945, au gouvernement du général de Gaulle.
Résistance et nationalisme accompagnés de rhétorique révolutionnaire, ce mélange constituera un breuvage alléchant pour une intelligentsia qui, pendant de longs mois, s’était tue. Dans toute cette période, l’effet résistance jouera en faveur du PC comme la révolution russe pendant les années 1920. Il n’est pas étonnant que le Parti communiste cherche a préserver cette période d’une historiographie qui remettrait les pendules à l’heure.
En réalité, s’il est vrai que le PC fut l’une des organisations les plus actives pendant la guerre, il s’agit de savoir qui furent ses militants lui assurant cette renommée. Les « 23 de l’Affiche rouge » ne peuvent être considérés comme des exceptions mais bien comme des exemples de ce que fut la résistance.
Citons Ouzoulias, historien officiel du Parti communiste, parlant de la Résistance dans le Pas-de-Calais : « En juillet, Germain Debureaux, Adolph Legrand, Séraphin Escagedo, Kunda et les membres du groupe « Popof » attaquent les installations minières de la Fosse n° 4 de Salamines... ». Et dans une note de bas de page : « Le groupe “ Popof ”, le tout premier groupe des bataillons de la jeunesse du Pas-de-Calais était dirigé par le Tchèque Kunda et comprenait presque uniquement des Tchèques. » 2
Reconnaissons à Ouzoulias l’honnêteté d’être le premier à avoir cité le sigle « MOI » (mis à part Arthur London qui en parle dans deux ou trois pages de l’Aveu).3 Car dans les énormes volumes de Raymond Guérin, jamais il n’y est fait mention. Tous ces noms étranges de combattants sont difficiles à prononcer dans des discours à caractère nationaliste. Qu’importe alors si Georges Ghertman, Samuel Tyschman étaient responsables du 3e, 4e et 10e 4 ; que Brustlein et Zalknov le soient du 11e 5 et qu’Epstein soit le responsable F T P (Francs-Tireurs partisans) de Paris... 6
Quand il écrit : « Nous devions établir des liaisons entre nos trois organisations militaires : l’OS (Organisation spéciale) dépendant de la direction du P C, les bataillons de la jeunesse (Jeunesse communiste) et les groupes spéciaux d’antifascistes étrangers du mouvement de la MOI » 7 et dans une plaquette éditée à l’occasion du 40e anniversaire des bataillons FTP-MOI Carmagnole et Liberté (Lyon, Grenoble) : « Les immigrés participèrent activement à la création de l’OS » 8 ; nous pouvons nous demander à quel moment le PC a pu se passer des étrangers.
Pourtant, cette participation à la Résistance a été et est encore occultée. Le consensus en ce domaine dépasse les clivages politiques. En 1945, les partis de la droite ne pouvaient se permettre d’attaquer le PC en raison de la faible activité qu’ils eurent durant cette période et à cause de la force nouvelle qu’il représentait alors. Aujourd’hui, personne ne tient à casser cette icône nationale d’un peuple français résistant. Même les communistes immigrés « officiels » entament le chant patriotique.9 Et de FTP on passe à FTPF (Francs-tireurs partisans français).
« Lorsque dans les communiqués, il était question des actions effectuées par des patriotes français, nous réagissions avec humour. Je me souviens qu’avec Marcel Rayman, nous ne pouvions nous empêcher de rire en disant : “Comme patriotes français, les petits juifs polonais de Paris sont particulièrement représentatifs”. » 10
Alors, l’affaire du lâchage des partisans MOI de Paris, mais aussi ceux de Toulouse, et autres villes, prend toute sa force. Pour ceux qui survécurent, la consigne était :
« Il faut conseiller aux membres de la MOI de s’éparpiller un peu partout en France, de s’effacer. » 11
Morts ou vivants, le silence doit dominer. L’histoire de ce mouvement n’est pas encore écrite et les questions demeurent toujours sans réponse.
Ravachol
1. Voir à ce propos l’anecdote arrivée à Pannequin, responsable MOI, relatée par Robrieux dans son Histoire intérieure du P C (tome i), Fayard, pp. 552 et 553.
2. Ouzoulias, les Fils de la nuit, Grasset, p. 145.
3. Arthur London fut membre de la direction de la MOI, ce qui lui valut aussi d’être incarcéré et torturé lors des procès de Prague.
4. Ouzoulias, op. cit., p. 105.
5. Op. cit.
6. Moshé Zalcman, Joseph Epstein (colonel Gilles), La Digitale.
7. Ouzoulias, op. cit., p. 95.
8. Carmagnole-Liberté (amicale), plaquette réalisée avec l’aide du ministère de la Défense et de la municipalité de Villeurbanne, 1982.
9. Jacques Ravine, la Résistance organisée des juifs en France, Julliard 1973. David Diamand, les Juifs dans la résistance française, éd. du Pavillon, 1971.
10. Témoignage de Lemberger, cité dans l’An prochain, la révolution, de Rajfus, éd. Mazarine, 1983, p. 231.
11. Simoni, dans l’ouvrage de Rajfus, op. cit., p. 333.
Ab irato a écrit:Les FTP MOI ont été livré aux nazis par le PCF.

Drôle de question avec des forts relents d'affirmations. Si pour toi l'histoire, c'est que tous les adhérents, résistants membre du PC ou proche étaient des fascistes rouges qui acceptaient les crimes de Staline, alors, vas vite ouvrir quelques livres, car tu es très loin de la réalité.





groumf a écrit:Et pour ce qui de leur "non-stalinisme", il est tout de même assez clair que pour pouvoir rentrer dans un groupe armé bolchevik sous dépendance directe de la 3è Internationale en pleine guerre mondiale, les critères d'entrée idéologie étaient tout sauf flou. Ca te fait peut-être pas plaisir mais c'est comme ça
Donc camarade avant de parler de fond de constituer un groupe avec des principes, des buts, des moyens, créés un site!un site, des affiches, des pochoirs, des tracts, etc,
Salut à vous camarade .
« C’est par l’action d’infime gouttes d’eau que
les murs s’écroulent»
Cete phrase me plait bien car pour l’instant je suis
seul mais n’hésitez pas à me rejoindre .
Lutons contre la fascisme ensemble !
Et puis, j'aime bien ces couleurs froides, cette rigueur.
de toute façon je serais peut être réellement tuéeee par le capitalisme dans quelque semaine.
C'est la réalité du Terrain
Qui a trahi Manouchian ?
Qui a trahi Manouchian et son groupe de résistants ? Le parti communiste est-il réellement en cause, même indirectement ? Adam Rayski apporte ici un précieux témoignage.
L’Histoire : Avant d’être fusillé, Manouchian, dans sa dernière lettre, pardonne à tous, « sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus ». Qui est le traître ?
Adam Rayski : Dans l’esprit de Manouchian il s’agissait de Joseph Davidovitch, commissaire politique des FTP-MOI [Francs-Tireurs et Partisans - Main-d'Œuvre Immigrée, note de Hapoel] depuis juin 1943. Manouchian était son subordonné et ne l’a accepté qu’à contrecœur. En octobre, Davidovitch disparaît. Par une fuite de la préfecture, nous avons appris qu’un résistant dont le signalement correspondait à celui de Davidovitch avait craqué, était passé aux aveux.
Il sillonnait Paris en voiture avec les policiers français pour piéger les camarades sur leurs lieux de rendez-vous. À la suite d’une évasion simulée, il devait infiltrer la MOI et remonter jusqu’à la direction clandestine du Parti. Après les coups de filet de mars 1943 – 140 camarades arrêtés – , la police s’était déjà bien infiltrée. En janvier 1944, ce sont deux adjoints de Duclos qui tombent. Davidovitch a contribué à mieux cerner l’organigramme clandestin. Sa trahison ne fait plus aucun doute.
L’Histoire : Et quels sont ceux qui ont vendu ?
Adam Rayski : Une certitude : Manouchian ne pouvait soupçonner les communistes. Pour Mélinée, sa veuve, il est mort communiste. « Vendre » est le mot de la terminologie résistante et de la presse clandestine pour désigner la Collaboration et Vichy, surtout après Montoire. A son procès, quand Manouchian déclare : « Vous avez vendu votre conscience et votre âme à l’ennemi », il s’adresse avec mépris à un parterre de gestapistes français et de journalistes collaborateurs.
L’Histoire : Il y a ce Tomasina, compagnon de cellule de Manouchian. Manouchian lui aurait dit qu’il accusait formellement un certain Roger d’être coupable, au même titre que Davidovitch. C’est en tout cas ce que déclare la veuve de Manouchian. Qu’en pensez-vous ?
Adam Rayski : Effectivement, Tomasina laisse planer le doute sur Roger – Boris Holban -, chef militaire parisien des FTP-MOI, d’être co-responsable de l’arrestation. Roger aurait insisté pour que Manouchian donne les vrais noms et adresses des camarades à Davidovitch. C’est fondamentalement méconnaître les réalités de la clandestinité.
Les vrais noms, ça n’existait pas. Mélinée Manouchian dit, à propos du 16 novembre 1943 [date de l'arrestation de Missak Manouchian, note de Hapoel], que Manouchian ne connaissait pas les adresses. Cette déclaration de Tomasina n’est pas sérieuse. C’est offenser Manouchian que de le présenter comme un boy-scout alors qu’il était un résistant de première qualité.
L’Histoire : Que pensez-vous de la thèse de la « tricolorisation » du Parti ? Certains historiens prétendent que le PC, soucieux de redorer son blason cocardier , aurait sacrifié délibérément les combattants « Manouchian » aux noms trop juifs et à l’accent yiddish si peu national…
Adam Rayski : Le groupe Manouchian n’était pas comme ça, suspendu en l’air. Il était en interconnexion avec tous les rouages du Parti. On ne pouvait livrer sélectivement Manouchian sans mettre en danger toutes les organisations dans la mouvance du Parti.
Dans l’hécatombe de mars 1943, il y avait beaucoup de Français de pure souche. Il n’y a qu’à lire le rapport de police du 3 décembre 1943, établi après la chute de Manouchian : « 67 arrestations, 14 Français aryens, 4 Français juifs, 19 étrangers aryens, 30 étrangers juifs ». Souvenez-vous de Joseph Epstein, responsable FTPF de l’Ile-de-France, exécuté en avril 1944 avec 18 Français « aryens ».
Le PC ne manquait pas de noms bien français. L’appellation nazie de groupe « Manouchian », c’est la propagande raciste pour mieux discréditer la Résistance et la présenter comme non patriotique.
L’Histoire : Le groupe a-t-il été abandonné sans armes ?
Adam Rayski : Le même rapport de synthèse énumère tout un arsenal trouvé dans une planque de Marcel Rayman et de Boczov qui appartenait au groupe des 23 condamnés de l’Affiche rouge : « 5 pistolets, 6 grenades, des lots de cartouches, une mitraillette Mauser, etc. ». Que l’on s’y reporte.
L’Histoire : Sans argent ?
Adam Rayski : La caisse du Parti ne fonctionnait pas comme une payerie générale. Fréquemment l’argent arrivait en retard, ou pas du tout quand le collecteur de fonds « tombait ». Tout le monde brandit la dernière lettre de Manouchian à sa femme, mais néglige bizarrement son post scriptum : « J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M[issak] M[anouchian]. » [Pour Adam Rayski, Armène désigne l'organisation arménienne de Paris, note de L'Histoire]. Si l’argent venait à manquer, c’était pour des raisons techniques et non politiques. La thèse de l’abandon ne tient pas debout.
L’Histoire : Y a-t-il une responsabilité du PCF dans la chute du groupe Manouchian ?
Adam Rayski : En mai 1943, devant le bilan des pertes des organisations juives, j’ai demandé le repli, le transfert de notre direction dans la zone Sud. Le Parti a refusé, qualifiant cette attitude de « capitularde ». Le PC voulait continuer à frapper dans la capitale, avec ce qui restait son unique bras séculier : les FTP-MOI.
Stratégiquement, la direction, pour affirmer sa suprématie vis-à-vis de Londres et du Conseil national de la Résistance, désirait capitaliser les actions d’éclat de la MOI. La direction nationale juive est partie in extremis pour Lyon, mais les FTP ont continué à lutter sur place avec acharnement. Le Parti a sous-estimé l’impératif de la guérilla urbaine – savoir décrocher – et a tiré un rendement politique maximum des coups d’éclat de la MOI. À terme, c’était donc bien une grave erreur politique.
La part de responsabilité du PC dans les arrestations de résistants – dont les 23 de l’ Affiche rouge – est indiscutable. Mais ne parlons pas à propos du Parti de trahison ; ne parlons pas non plus d’abandon et encore moins de sacrifice prémédité.
[Propos recueillis par Alain Rubens]
Article de la revue L’Histoire n°81 septembre 1985

Le_joyeux_avatar a écrit:bon, désolé mais pour recentrer le débat et pas partir sur manouchian et sa veuve
Ensuite les premiers antifa de "l'antifascisme de rue" ont aussi commencé comme ça :
des patchs, des références. Bref constituer une "contre-culture"
Le_joyeux_avatar a écrit:En attendant la révolution je préfère me retrouver dans une situation critique avec des antifa (même si ils sont stals) que des fachos.Et pour moi on vit une situation critique aujourd'hui.
Guiz a écrit:Ensuite les premiers antifa de "l'antifascisme de rue" ont aussi commencé comme ça :
des patchs, des références. Bref constituer une "contre-culture"
Je pense que tu fais référence à un antifascisme spécifique parce que sinon là...
Je ne pense pas qu'en 1936 à Barcelone les militant-e-s aient commencé par faire des pochoirs, les résistants tagaient (c'est un bien grand mot) les affiches des orgas collabos mais il n'y avait pas de recherche héstétique comme pour l'AA.
groumf a écrit:Sinon, je ne vois pas pourquoi vous focalisez tout sur les "maos" alors qu'en allant faire un tour sur leur forum on voit bien qu'il ya aussi pas mal d'anarchistes

J'imagine pas qu'en Espagne y'avait des vendeurs de badges et de patches antifa pour aller combattre les fascistes de Franco


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